Chiffrer, c’est transformer des informations de telle sorte que seul un cercle défini puisse les voir. Il existe deux voies principales : le chiffrement symétrique et le chiffrement asymétrique. Commençons par le symétrique : on comprendra mieux pourquoi l’asymétrique est né.
Alice doit envoyer à Bob un document important. Elle prend un programme de chiffrement et protège le document par un mot de passe ou une phrase choisie. Puis elle transmet le fichier chiffré à Bob — qui ne peut pourtant pas l’ouvrir, faute de connaître le mot de passe employé par Alice. Autrement dit, Bob n’a pas la clé de la serrure. D’où une vraie difficulté : comment transmettre le mot de passe en sûreté. L’envoyer par courriel est risqué — des tiers peuvent l’intercepter et lire ensuite tous les échanges entre Alice et Bob. C’est précisément le problème que résout le chiffrement asymétrique !
L’exemple d’Alice et de Bob se compare aisément à une boîte aux lettres dans la rue. La boîte est accessible à quiconque en connaît l’adresse, et cette adresse est tout à fait publique. N’importe qui peut y déposer une lettre, mais seul le propriétaire possède la clé pour ouvrir et lire. Revenons maintenant au côté technique.
Avec le chiffrement asymétrique, Bob comme Alice doivent produire sur leur ordinateur une paire de clés. La façon la plus répandue et la plus sûre de les produire est l’algorithme RSA. Il donne une clé publique et une clé privée, liées mathématiquement.
La clé publique sert à chiffrer les informations ; les déchiffrer n’est possible qu’avec la clé privée correspondante. Malgré le lien mathématique, la clé privée ne se déduit pas de la clé publique. En d’autres termes, connaître la clé publique de quelqu’un ne vous donne pas sa clé privée.
Voyons, sur l’exemple d’Alice et de Bob, comment ils transmettront des informations par chiffrement asymétrique. Ils commencent par échanger leurs clés publiques. Alice peut alors chiffrer le document important avec la clé publique de Bob et lui envoyer le fichier ; Bob le déchiffre avec sa clé privée. Seul Bob pourra donc lire le document. Même Alice n’a pas accès au contenu : il y faut justement la clé privée de Bob.
La solidité du chiffrement asymétrique dépend désormais de Bob et d’Alice eux-mêmes. Les clés doivent rester en lieu sûr, afin que seul le propriétaire atteigne sa clé privée. Si un fraudeur s’empare de la clé privée de l’expéditeur, il pourra déchiffrer tous les messages chiffrés avec la clé publique correspondante. Il ne lira pourtant pas la lettre venue d’Alice : celle-ci réclame la clé privée de Bob.
Le chiffrement asymétrique sert partout où la sécurité pèse vraiment. Saviez-vous que chaque fois que vous ouvrez un site en HTTPS (HyperText Transfer Protocol Secure), c’est lui qui travaille ? La protection du courriel par PGP ou GPG repose dessus également. Le bitcoin, par exemple, s’appuie lui aussi sur le chiffrement asymétrique, afin que seul le propriétaire puisse transférer des fonds depuis son adresse.
Vous savez désormais comment fonctionne le chiffrement asymétrique et en quoi il diffère du symétrique.